Bienvenue sur notre blog de voyage en Amérique Latine


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Lou et Yo

 

Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 17:11

Le Pérou


A l'instar de ses voisins, le Pérou se fonde sur le tryptique (d'ouest en est) « côtes désertiques, montagnes escarpées, jungle amazonienne ». Et l'effet est très réussi! Chaud, froid, humide, sec, chacun peut y trouver son compte. Les paysages sont grandioses, sauvages, bien que parfois tristement transformés en décharges à ciel ouvert. Le patrimoine culturel et les villes coloniales sont également sublimes, avec des chefs-d'oeuvre comme Cusco, Nasca, le Machu Picchu, le lac Titicaca, etc. Mais le Pérou possède aussi des trésors archéologiques moins connus, comme Chan Chans, Moray, ou les Salineras, qui n'ont rien à envier à leurs grands frères.

Revers de la médaille: énormément de touristes -et notamment de Français- dans tous ces lieux. Il faut dire que le Pérou est un pays qui se visite facilement, pour peu qu'on ne soit ni pressé ni à cheval sur le confort!


Les Péruviens


Là, il faut clairement distinguer les Péruviens habitant en zone urbaine des Péruviens vivant dans les zones reculées. Les premiers sont généralement des descendants des Espagnols et, habitués au tourisme, se montrent souriants et affables. Les seconds regroupent plutôt les « indigenas », habillés du costume traditionnel andin; ceux-là sont plus « fermés », moins expressifs et moins expansifs (ce qui pourrait presque passer pour un manque de respect pour des Occidentaux, mais qui n'est en fait qu'une discrétion propre à leur culture). Très attachés aux traditions.

Pas pressés non plus, les Péruviens -mais peut-être est-ce nous, Occidentaux, qui sommes trop pressés?-, et leur degré « d'efficacité » est généralement proche du zéro absolu. Très vite prise de tête, mais quand on voyage, faut bien s'adapter au mode de vie local...


Santé


Une petite angine pour Lou, et toujours les impondérables du voyage: mal de tête/ventre. Mais vu l'état d'hygiène assez déplorable qui règne dans ce pays, on peut s'estimer heureux de notre sort!


Bouffe


Rien de transcendant. Les haricots rouges ont laissé la place à la patate sous toutes ses formes: il faut dire que le Pérou est le pays roi de la pomme de terre: près de 4000 variétés! Du coup, t'en bouffes à tous les repas! Généralement accompagné de riz et de pâtes, pour finir de te lester... Pour la viande, c'est poulet ou boeuf. On a eu l'occasion de goûter aussi l'alpaga et le « cuy » (cochon d'inde): pas dégueu du tout, mais plus cher...

En tout cas, la bouffe dans les restos locaux est tellement bon marché qu'il n'est absolument pas rentable de faire sa propre tambouille. Se mettre aux fourneaux uniquement quand on sature du menu « poulet-riz », des pizzas ou des hamburgers...


Hébergement


Du bon et du (très) mauvais. Les prix sont corrects en général. Toujours demander à voir la chambre avant, pour éviter les mauvaises surprises!


Transport


Un peu bizarre: très peu de bus en tout début de matinée, mais beaucoup en début d'après-midi. Quel est l'intérêt de passer huit heures sous le cagnard et d'arriver tard le soir? Heureusement, il y a également des bus de nuit pas mal du tout, pour peu qu'on choisisse un minimum de confort afin de passer une nuit pas trop mauvaise.

Autre inconvénient: pas de terminal de bus dans la plupart des villes: les agences sont éparpillées, ce qui ne facilite pas la tâche du voyageur qui veut comparer les prix, les horaires et le confort...

Les routes, quant à elles, sont très bonnes (et droites) lorsqu'on emprunte la Panaméricaine qui longe la côte; leur état se dégrade considérablement dès qu'on aborde la montagne...


Budget


Si l'on exclut le vol en avion au-dessus des lignes de Nasca et les quelques jours passés à Cusco et au Machu Picchu (hors de prix, les escrocs!), le Pérou est un pays très très abordable. La bouffe, l'hébergement et les transports sont bon marché, ce qui permet de s'offrir, en contrepartie, des sorties un peu plus chères, qu'on n'aurait jamais pensé pouvoir faire (l'avion par exemple!).



Ce qui nous a plu


-Le ceviche et le cuy (pour Yo!)

-Se peser dans les pharmacies (pour Yo qui a maigri!)

-Les chiens sans poil: quand on les caresse, on a l'impression de se gratter les fesses...

-Le parc de la Reserva à Lima et ses jets d'eau nocturnes

-L'oasis de Huacachina et ses dunes à l'infini

-Le buggy et le sandboarding: casse-gueule mais fun!

-Les massages de Claire (pour Lou bien sûr!)

-Le Machu Picchu: grandiose...



Ce qui nous a déplu


-Le ceviche et le cuy (pour Lou!)

-Se peser dans les pharmacies (pour Lou qui a grossi!)

-L'absence de protection des monuments archéologiques (Chan Chan)

-Les quiches péruviennes: infectes...

-L'invasion de fourmis à Huacachina; des colonnes noires entières sur les murs!

-Le chauffeur de bus qui s'est cassé sans certains passagers; et pas un seul mec qui a réagi! Il a fallu que ce soit nous, les seuls étrangers du bus, qui harcelions le chauffeur pour qu'il s'arrête (échec, d'ailleurs!). Pas solidaires, les Péruviens...

-Les grèves et barrages inopinés sur la route, qui nous obligent à un petit détour de près de 1000 km...

-La « participation volontaire et libre » pour le pourboire du guide, mais à la fin de la visite, voyant ce qu'on lui donne, ce dernier n'hésite pas à nous en demander le double! Ah bon, c'est pas si « volontaire » que ça, alors...

-Le Péruvien qui a ronflé toute la nuit dans le bus pour Tacna! Insupportable... On a beau lui foutre des claques, il s'en contrefout, le mec!



Ce qui nous a étonné


-L'étrange manière de faire le café au Pérou: on t'apporte séparément un condensé noirâtre de café dans très peu d'eau, et un récipient d'eau chaude, et tu mélanges ensuite les deux. Tellement dégueulasse que Lou a fait une croix sur son café du matin, c'est dire!

-Sous prétexte qu'il ne pleut que quelques jours par an, les toits ne sont jamais hermétiques à Trujillo, sur la côte désertique du nord du Pérou! Du coup, ces jours-là, c'est panique à bord, tout le monde écope!

-Le réveil de Yo à 9h15 (très rare!)

-Lima: on nous avait dit que c'était moche, nous on a kiffé!

-Le zoo de Lima: à constater la tête ahurie des enfants en nos voyant passer, ça devait être nous les bêtes de cirque!

-Gaelle qui a triplé de volume sous l'effet conjugué du soleil et de l'altitude: franchement, on n'imaginait pas qu'on pouvait enfler autant!

-Payer si cher pour vomir dans un avion, à Nasca...

-Le langage fleuri des Canadiens: « Deux boissons pour le prix d'un » devient « Deux breuvages pour le prix d'un »; « Chercher sur internet » devient « Magasiner sur internet »; c'est nul, mais on a bien rigolé...

-Les costumes traditionnels péruviens: on ignorait que ça pouvait puer autant! (Et que l'odeur pouvait être aussi tenace...)



La Bolivie


La Bolivie, c'est le pays de tous les superlatifs: le plus haut, le plus fermé, le plus pauvre d'Amérique du Sud, le plus traditionnel, le plus baroque, le plus diversifié en paysages et... le plus galère à « voyager »! Que ce soit la jungle, les montagnes, les « salares » ou le lac Titicaca, la Bolivie est d'une beauté fascinante, et chaque lieu offre son lot d'émotions particulières.

Par contre, ça se mérite durement... La Bolivie, c'est le pays où tout fluctue: l'état des routes, l'altitude, les horaires, la monnaie, les Boliviens eux-mêmes, etc. Ce qui est valable aujourd'hui ne sera peut-être plus valable le lendemain, il faut le savoir! Ce qui fait de chaque jour une véritable aventure à part entière, où le voyageur hésite entre colère et parti d'en rire... La Bolivie, c'est une autre planète!


Les Boliviens


Peut-être le peuple le plus « renfermé » qu'on ait rencontré jusqu'à présent (à l'image du pays, lui aussi « enfermé », sans accès à la mer). Pas d'accueil chaleureux en rentrant dans un resto local, pas de « merci » ou « s'il vous plait » non plus.

Le plus pauvre et le plus traditionnel également. Beaucoup « d'indigenas » tâchent de survivre dans la périphérie des villes en vendant leurs quelques articles sur un bout de trottoir, emmitouflés dans d'épaisses couvertures. Dans les rues, dans les bus, dans les marchés, ça grouille, ça pue, c'est dégueu, mais qu'est-ce que c'est vivant!

Et pour le Bolivien, y'a jamais de problème, jamais d'urgence, jamais de « le client d'abord ». C'est un peu la loi de l'évolution de Darwin: ou tu t'adaptes ou tu crèves! Et si tu cherches une logique en Bolivie, c'est peine perdue: le mode de pensée occidental est totalement inutile face à un Bolivien. Désemparant, parfois... Usant, aussi!


Santé


Tenter de faire la Bolivie sans choper au moins une turista, c'est comme tenter de venir en Bretagne sans se prendre la pluie: ça tient du miracle. Mais tant que ça en reste à ce stade « bénin », pas de souci! Parce que de Bolivie, vu l'hygiène générale, tu as de bonnes chances de ramener un max de « souvenirs » plus ou moins agréables. Allez, on touche du bois...

Ajoutons les piqûres de moustique ramenées de la jungle, qui plus d'un mois après, nous laissent encore des marques sur la peau...


Bouffe


Passons sur la qualité, on préfère ne pas savoir dans quelles conditions sont préparés les menus dans les restos populaires (sinon tu ne manges plus!). Et on espère que la viande violacée puante entourée de mouches qu'on découvre au marché ne finira pas dans notre assiette ce midi...

A part ça, un bon point pour la Bolivie: certes, on s'en tient toujours aux patates, boeuf, poulet, riz, mais les Boliviens ont au moins eu la très bonne idée de varier les façons d'accommoder tout ça. Du coup, t'as presque l'impression de manger un truc différent à chaque fois! Par ailleurs, la quantité est généralement au rendez-vous. Quant au prix, il est imbattable: entrée-soupe-plat-dessert-boisson pour 1€! Les Boliviens, champions du menu anti-crise!

Et comme pour le Pérou, pas besoin de faire sa bouffe: d'une part c'est pas rentable, d'autre part les Boliviens ne connaissent absolument pas l'existence du supermarché -quant au marché, c'est risqué (voire plus haut!).

Ah oui, dernier truc: ici, la plante reine, c'est la feuille de coca. Les Boliviens en bouffent toute la journée, du matin au soir. Coincer une vingtaine de feuilles séchées entre la dent et la joue, laisser macérer jusqu'à obtention d'une pâte, puis cracher. Et recommencer. Paraît que ça guérit tout: mal d'altitude, mal de gorge, fièvre, diarrhée, etc. A prendre sous toutes les formes: en tisane, en bonbon, en gâteau, etc. C'est surtout que ça sert de coupe-faim pour les mecs qui ne peuvent pas se payer trois repas par jour, et ça permet aux conducteurs de piloter pendant 12 heures d'affilée non stop! Et en plus, la feuille de coca, c'est pas une drogue, c'est légal comme substance, ici...


Hébergement


Pas cher non plus en règle général. Du coup, faut pas hésiter à rajouter quelques sous pour avoir une chambre correcte avec salle de bain privée et eau chaude (vital, à 4000m!). Pour info, la catégorie « chic » commence aux alentours de 15€ la chambre, en Bolivie...


Transport


Les aventuriers amateurs de piste non asphaltée seront comblés! Ca secoue pas mal et t'as le temps d'observer les paysages. Sauf qu'au bout de 8h à ce traitement-là, tu rêves d'une belle autoroute bien lisse et droite...

Les bus, quant à eux, sont souvent vieillots, grinçants et dégueulasses. Le principe: ils partent quand ils veulent et arrivent quand ils peuvent.

Par contre, faut bien avouer que c'est vraiment pas cher...


Budget


T'es au RSA en France, tu t'installes en Bolivie, tu vis comme un roi! Ca coûte rien la vie ici -pour un Occidental, bien entendu; la population, elle, rame pour aligner les deux bouts... Du coup, on en profite pour faire toutes les activités qui sont nettement plus chères ailleurs: séjour dans la jungle, avion, cheval, etc.


Ce qui nous a plu


-L'Isla del Sol, sur le lac Titicaca

-Uyuni: le top du top du top!

-Déjeuner dans un restau local avec un jeune ingénieur et en apprendre plus sur son pays

-L'avion pour Rurrenababque et la jungle: un tout petit zinc! (quoique, on se demande si c'est pas à classer dans la catégorie « déplu »...)

-La pampa et la jungle: trop d'animaux, trop beau!

-L'histoire racontée par notre guide de ces deux touristes australiens, tendance « j'aime la nature et elle me le rendra bien, j'en suis sûr », qui voulaient absolument se balader à poil dans la jungle, avec une simple feuille sur le sexe, en mode Tarzan: ça c'est clair qu'elle le leur a bien rendu, la nature: sous forme de piqûres en tout genre! Les couillons sont rentrés bouffés de moustiques, les pieds en sang, sous les rires du groupe de touristes qui les a croisés... Faut être con quand même, non?

-Les croissants du boulanger-pâtissier français à Rurre au coeur de la jungle! Un peu de douceur dans ce monde de brutes!

-Les mises en scène de la Passion du Christ dans les processions de la Semaine Sainte. A pleurer... de rire!

-S'acheter des Kinder Surprise pour le dimanche de Pâques (sauf que ma surprise, elle était naze, trop dégoûté, alors que celle de Lou était super!)

-Faire la grosse commission en pleine nature du côté d'Uyuni, tel un fier aventurier, face à la plaine, le nez au vent et les fesses à l'air, tout en méditant sur la beauté du monde (pas trop longtemps non plus, parce que ça caille!).


Ce qui nous a déplu


-Etre coincé sur un bateau entre les odeurs de gasoil et la grosse mama bolivienne qui sent très fort et qui allaite son gosse, peinarde... Restait plus qu'à se trouver une place dehors, jusqu'à ce que Lou doive céder sa place à une touriste prise d'une diarrhée soudaine, obligée de « balconner » par dessus bord devant 30 personnes... Ceci dit, sachant que ça aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous, personne ne s'est moqué et chacun a poliment détourné la tête!

-Les distributeurs automatiques de billets de La Paz: sur 10 ATM, 5 sont vides et les 5 autres sont cassés!

-La capacité de nuisance des moustiques dans la jungle: champions du monde de l'emmerdement maximum...

-Le petit dèj dans la cafétéria allemande, censé être copieux et bon marché selon le Routard, mais qui est en fait ridicule et cher!

-Les journées électorales: tout est bloqué, la vie s'arrête!



Ce qui nous a étonné


-S'entendre dire « oui oui on est catholique... » à ce jeune ingénieur avec qui on mangeait (s'intégrer dans un pays demande des compromis...).

-La rancune bolivienne contre le Chili qui a volé l'accès à la mer aux Boliviens voilà 140 ans (pas bien, les méchants!). Cicatrice toujours vivace!

-L'instinct de survie, lorsqu'on se trouve en rade dans une pirogue sous le déluge à côte d'un croco! Allez, on écope!

-Le sourire des mineurs de Potosi qui contraste avec leurs conditions de vie misérables...



Pour finir, un petit manuel de traduction à l'usage de ceux qui veulent (tenter de) comprendre la logique bolivienne:


-Quand tu demandes au marché « c'est combien les bananes? » et qu'on te répond c'est trois bananes pour 1 boliviano (la monnaie locale), sache que si tu veux 4 bananes, tu peux aller te faire foutre parce que c'est trois bananes pour 1 boliviano, un point c'est tout, et que même si c'est plus intéressant pour la marchande de t'en vendre 4 plutôt que trois (puisque tu est prêt à payer la quatrième, bien entendu), elle ne comprendra pas ce que signifie le mot « capitalisme » ni « profit ». Les bananes, elle les vend par trois, alors t'en prends trois s'il te plaît, et tu compliques pas tout!

-Quand tu donnes ton linge dans une laverie le matin et qu'on te propose de te l'apporter directement à ton hôtel pour peu que tu payes en avance, sache que le soir tu attendras toujours le retour de ton linge dans ta chambre, que tu devras te déplacer à la laverie, que tu trouveras porte close, qu'un voisin t'indiquera que c'est une succursale, qu'il faudra que tu te rendes à la laverie centrale, que quand tu parviendras enfin à trouver la laverie tu t'apercevras qu'il manque des affaires, que la blanchisseuse gênée tentera de te faire avaler le poisson comme quoi « ah bon il manque quelque chose? », que tu t'énerveras, que la fille passera 30 minutes à chercher partout et qu'elle retrouvera finalement ta fringue manquante sous la première pile de vêtements qu'elle aura mal fouillée...

-Quand tu demandes « c'est quoi du macasa? », tu peux t'attendre à ce qu'on te réponde « Bin c'est un plat fait avec du macasa » (et là tu dis « ah d'accord! » et tu commandes ça, pour tenter de ne pas passer pour un con devant la serveuse, en priant pour que ce soit bon, vu que tu ne sais toujours pas ce que c'est...)

-Quand un restau affiche sur sa devanture une carte de 8 plats différents (choix énorme en Bolivie), surtout ne t'enflamme pas, sache qu'il n'y en aura en fait qu'un seul de disponible (les autres, c'est pour faire joli)

-Quand tu demandes une chambre matrimoniale (un grand lit pour deux), tu auras de fortes chances de te voir offrir finalement une chambre double (deux petits lits séparés)

-Quand on t'annonce un jus d'orange à 3 bolivianos, tu peux être sûr que le mec va t'en réclamer 4 au moment de payer (oui, la Bolivie est confrontée à une inflation fulgurante...)

-Quand on te dit que ton bus part du quai n°11 à 7h30 avec telle compagnie, prépare-toi à embarquer à 8h du quai n°30 avec une toute autre compagnie (le tout, sans qu'on ne t'informe de rien, bien sûr)

-A l'inverse parfois, quand il est écrit « petit-dèj servi jusqu'à 9h30 » dans un hôtel, sache qu'il y a de fortes probabilités pour que la dame qui s'occupe du petit-dèj soit déjà partie à 9h (t'as pas honte de descendre déjeuner si tard, dis donc!)

-Quand on t'annonce « eau chaude » à l'hôtel, tu peux être sûr qu'il s'agit d'une douche électrique, avec les fils électriques ou l'interrupteur à 5cm du jet d'eau. Rien de mieux pour se réveiller définitivement le matin qu'un bon petit coup de jus au moment de tourner le robinet

-Quand tu vois une magnifique route asphaltée toute neuve en Bolivie, soit c'est un mirage, soit c'est tellement exceptionnel qu'il n'est pas question de l'abîmer. Interdiction formelle de l'emprunter! Non, toi, tu prendras la piste défoncée qui longe ladite route asphaltée pendant une centaine de kilomètres. On regarde mais on ne touche pas!

Par Yolou - Publié dans : Bilans de nos séjours
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 01:26

Mercredi 28 avril: départ tous ensemble en bus pour San Pedro de Atacama, un bled-oasis au milieu du désert du même nom, à 2500m d'altitude. San Pedro, c'est LE spot touristique du nord du Chili. Y'a presque plus d'étrangers que de locaux! Mais l'endroit a le mérite d'avoir gardé son charme de petit village. Pas une seule tour d'hôtel, pas de béton, des bâtiments construits uniquement en matériaux traditionnels (l'adobe: de la paille et de la terre séchée mélangée à du sable et des cailloux), des routes de terre, etc. Et une atmosphère paisible et calme... Bref, un véritable havre de paix, au milieu de nulle part, sous la plus belle voûte étoilée qu'il nous ait été donnée de voir!

Rencontre avec une famille française qui fait le tour du monde pendant un an: madame, monsieur et leurs trois adorables petites filles, âgée de 6 à 11 ans. Devoirs assurés le matin par les parents, sur une table dehors; des demoiselles très débrouillardes, tout sourire, avec une bouille d'ange. Elles sont vite devenues la coqueluche de tout l'hôtel! En tout cas, nous, ça nous a donné des idées pour l'avenir...

Le lendemain, on se concocte un programme « millimétré » avec une agence: pas moins de six sorties en cinq jours! Pas le temps de glander, y'a de quoi faire dans le coin! Oui mais voilà, c'était sans compter sur l'événement le plus improbable: une vague de froid exceptionnelle! Et soudain, au milieu du désert le plus aride du monde -mais pas le plus chaud, loin de là; la nuit, ça pèle grave!-, on se tape... trois jours de pluie! Un vent glacial, des nuages noirs -alors que le ciel est normalement constamment d'un bleu intense-, et de la neige dans les alentours de San Pedro à partir de 4000m... Résultat: trois expéditions annulées à cause des routes enneigées. On croit rêver! Et nous voici à San Pedro, emmitouflés dans deux pulls et un manteau, à nous geler les c..., nous qui pensions être en tee-shirt et short! On a rarement eu aussi froid depuis le début du voyage. Quant aux douches, on les a oubliées pendant quelques temps, puisque l'eau est chauffée à l'énergie solaire (« Ne vous inquiétez pas, nous avait rassuré la gérante de l'hôtel, ici, il y a toujours du soleil, à part deux ou trois jours par an »; évidemment, il a fallu que ça tombe pile au moment où on était là...).

Ne dramatisons pas trop, cependant: on a tout de même eu l'occasion de découvrir des endroits sublimes: le salar d'Atacama, d'abord, différent de celui d'Uyuni -moins blanc, moins grand, moins plat-, mais superbe malgré tout, avec ses flamants roses équilibristes posés sur l'eau; les lagunes perchées à 4200m, bleu intense ou vert émeraude selon les variations de luminosité, à l'ombre des volcans enneigés -sortie clôturée par un pique-nique sous la pluie-neige; inoubliable!; la baignade au milieu du désert, dans les lagunes salées -tellement salées qu'on flotte à la surface sans faire aucun effort!- et froides -fallait entendre Geneviève hurler au supplice en mettant les pieds dans l'eau!-; la vallée de la Mort et la vallée de la Lune, paysages désertiques hérissés de pics; à voir à la tombée du soir lorsque les derniers rayons du soleil teintent les volcans enneigés de rose et de violet; la vallée Arco Iris (arc-en-ciel en français), qui offre littéralement toute la palette des couleurs de l'arc-en-ciel. Et la liste est encore longue!

Il faudrait bien 10 jours pour pouvoir faire le tour de la région et apprécier pleinement la magie des sites. Mais pas le temps de s'attarder: B&G doivent -déjà!- repartir pour Santiago, histoire de visiter la capitale et les alentours. Auparavant, petit tour dans la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre du monde à ciel ouvert, à 130 bornes de San Pedro -le Chili est le premier producteur mondial de cuivre. Un truc de dingue, cette mine! 5km de long, 3km de large et 1km de profondeur. Des pelles géantes qui tournent jour et nuit pour extraire le minerai -110 tonnes de roches arrachées à chaque pelletée-, 100 camions avec des pneus de 3,5m de diamètre, capables de transporter 400 tonnes de minerai (1600 litres d'essence consommés en 9h), 10 000 personnes qui bossent ici 24/24h, une ville entière créée à l'attention des mineurs, des collines immenses de roche rejetée (la concentration de cuivre dans la roche est de 1%...), etc. Bref, ça dépasse tout ce qu'on peut imaginer! Quant à la pollution engendrée par une telle industrie, le guide ne s'étendra pas là-dessus...

Retour à Calama, la ville toute proche, d'où B&G reprennent leur avion le soir même. Non sans avoir auparavant effectué un petit détour par le commissariat de police afin de déposer plainte. Car comme si on n'avait pas eu assez d'emmerdes jusqu'à présent, il a aussi fallu que Geneviève se fasse tirer son sac à dos dans le restaurant où nous avons déjeuné le midi. Très fort, le mec: on était quatre à table, sac à dos au pied, et pas un d'entre nous n'a remarqué quoi que ce soit! Evidemment, le temps qu'on s'en rende compte, l'enfoiré était déjà bien loin... Maigre prise pour lui, d'ailleurs, puisqu'à part des fringues, quelques sous et un téléphone portable éteint, il n'y avait pas grand chose dans le sac. N'empêche, ça fait chier...

Et voilà, le séjour de B&G en notre compagnie touche à sa fin. Petit coup de blues au moment de les quitter. C'était trop court! En tout cas, on a vraiment apprécié leur venue, les petits restaus qu'on a fait ensemble, leur générosité, les repas confectionnés à quatre mains, leur capacité d'adaptation, les galères communes...

D'ailleurs, mention spéciale pour B&G, parce qu'entre les éruptions volcaniques islandaises inopinés, les frais d'entrée additionnels inopinés à Iquique, les annulations d'excursions inopinées pour cause de neige et les vols à la tire inopinés, ça fait pas mal d'emmerdes en dix jours et beaucoup auraient craqué... Mais non, B&G gardent toujours le sourire, alors franchement merci!

 

Mercredi 05 mai: toujours à San Pedro, mais seuls tous les deux cette fois! On décide de prolonger un peu le séjour ici, histoire de visiter ce qui était fermé les jours précédents à cause du mauvais temps. Le soleil est revenu, le ciel est de nouveau totalement bleu, alors journée « off » pour se reposer de toutes les péripéties -et accessoirement avancer dans les mails, le journal, le récit, le tri des photos, etc!

Le lendemain, lever à 3h30 du matin pour visiter les geysers du Tatio, à une centaine de bornes de là. Pourquoi partir si tôt? Non, pas pour le plaisir, mais juste parce que les geysers ne fonctionnent qu'au lever du soleil, lorsque les premiers rayons réchauffent la terre et l'atmosphère. La différence de température entre l'eau chaude et l'air extérieur glacial provoque le jaillissement. Après, circulez, y'a plus rien à voir! Sur le côté « glacial », ils ne se sont pas foutu de notre gueule: il fait 10 degrés en dessous de zéro en arrivant au pied des geysers, à 4300m d'altitude, à 6h30. Pour la première fois depuis le début du voyage, on a mis toutes les épaisseurs de fringue qu'on avait sous la main: tee-shirt, polaire, poncho, gilet, manteau, guêtres, pantalon de pyjama sous le futal pour Lou, bonnet, gants, écharpe, etc.

Deux minutes d'attente, et puis le spectacle commence. Dès que les premiers rayons se pointent, la magie se met en marche, et des orifices de la terre s'élève soudain un nuage de fumée, suivi d'un gargouillement et d'un jet d'eau bouillonnant. Troisième plus grand champs géothermique du monde, l'endroit devient une cocotte-minute géante, dont la vapeur s'échappe en fumerolles par les multiples fissures du sol. Avec la lumière du matin, c'est carrément grandiose... Ceci dit, l'eau a beau être bouillante, on caille toujours autant!

Petit déjeuner sous le froid soleil, à proximité des geysers. Pour la cuisson des oeufs ou pour faire chauffer l'eau du thé, c'est pratique: le guide plonge les récipients dans un trou de geyser et les ressort quelques minutes après tout chauds!

Dernière opération: la baignade dans une source alimentée par les geysers. L'eau n'est pas particulièrement froide: entre 25 et 35°C. Mais dehors, il fait 0°C, et se foutre à poil avec cette température... C'est assez amusant! Même Loulou se lance! Et le plus dur finalement, ce n'est pas d'entrer dans l'eau, mais d'en ressortir...

Ultime halte dans un petit village des Andes, pour déguster empanadas et brochettes de lama avant de regagner San Pedro en début d'après-midi. Pas fâchés de retrouver la chaleur! Dernière après-midi repos; demain, on passe la journée dans le bus, direction l'Argentine...

Par Yolou - Publié dans : Chili
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 00:28

Samedi 24 avril: Arrivée à Iquique, 350km au sud d'Arica, sur la côte Pacifique. 4H30 de bus à travers le désert: du sable, du sable, du sable... La ville est une station balnéaire prisée des Chiliens, coincée entre une falaise grise et la mer. Et au milieu de la ville, une énorme dune de sable s'étale, pépère. Assez époustouflant comme vue, depuis tout là-haut!

Dès notre arrivée, on tourne pas mal pour dénicher un hôtel convenable mais pas trop cher, afin d'accueillir B&G dans des conditions pas trop dégueu. Ils ont eu du mal à venir jusqu'ici, s'agirait pas qu'ils se barrent aussi sec en voyant la chambre! On les retrouve d'ailleurs dès le lendemain, tout sourire, à peine fatigués par les 17h d'avion qu'ils viennent de s'enquiller et les 6h de décalage horaire! Remarque, nous aussi on a le sourire: d'une part parce qu'on est content de voir la famille, ensuite parce qu'ils ont réussi à faire passer à la douane chilienne fromage, saucisson, foie gras, chocolat et caramels au beurre salé (merci maman!)... Bref, de quoi se réconcilier avec la vie! Ajoutons aussi une bonne palette de bouquins et nous voilà totalement comblés -revers de la médaille:  le « poids » de la culture qu'il va falloir se trimballer!

Entre deux papotages interminables -eh, on a six mois à rattraper!-, visite d'Iquique. Un centre historique très joli avec ses maisons coloniales qui offrent un aspect « caribéen », et front de mer plus moderne, version Miami beach, avec ses grands hôtels, son casino, sa promenade, ses palmiers et ses surfeurs en combinaison. Sans oublier ses pélicans et ses cormorans perchés sur les rochers, et les lions de mer qui se prélassent au soleil, jusque sur la jetée du port. Mais gare, la bête veille! Qu'un petit mariole -comme moi- s'amuse à s'approcher d'un peu trop près et l'animal se met soudain à charger avec de grands bruits (la frousse qu'il m'a foutu, l'enfoiré!).

Le lendemain, visite de la région, avec une agence: passage par les anciennes mines de salpêtre, entièrement désaffectées. Ne subsiste plus que d'énormes carcasses -les usines d'extraction- laissées à l'abandon au milieu du désert. Et quelques villages fantômes, comme Humberstone -classé au Patrimoine de l'UNESCO-, témoins de la grande époque du salpêtre (aujourd'hui remplacé par les nitrates de synthèse). Emouvant. L'endroit, brûlé par le soleil, ressemble à ces villes du Far West, comme dans Lucky Luke, toutes de bois vêtues et poussiéreuses. Puis direction les géoglyphes, ces figures immenses dessinées par l'homme à flanc de colline, il y a bien longtemps: animaux, bonhommes, polygones, flèches, etc. Comme à Nasca, personne n'en connaît la signification -et bien sûr, pas un seul dessinateur n'a eu la bonne idée de laisser un mode d'emploi pour les générations suivantes... C'est peut-être tout simplement un jeu de morpion géant, mais on n'a pas osé soumettre l'idée au guide, parti dans ses délires de champs magnétiques et de navettes spatiales! Enfin, petit tour à Pica, une oasis paumée au coeur du désert: tout est ocre et plat, et soudain apparaît au loin une tâche verte, des arbres fruitiers, des habitations, etc. Une étape rafraîchissante pour déjeuner et piquer une tête dans l'eau cristalline des sources thermales naturelles du villages, à flanc de rocher. Y'a même une petite grotte dans laquelle on s'enfonce, de l'eau jusqu'au cou!

Retour à Iquique dans la soirée pour tenter de régler un problème avec l'agence qui nous a vendu le tour: comme d'hab, des frais supplémentaires non prévus sont venus s'ajouter au cours de la journée (toujours se méfier d'une phrase du style: « non non, tout est inclus, ne vous inquiétez pas »...). Echec total: le bureau est fermé jusqu'au lendemain, et nous partons trop tôt demain dans la matinée pour venir réclamer... Tant pis, nous noieront notre chagrin le soir même dans une bonne bouteille de vin chilien! Profitons-en également pour fêter nos six mois de voyage. Plus que trois mois! C'est marrant comme le temps ici semble passer nettement plus vite qu'au boulot...

Par Yolou - Publié dans : Chili
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