Jeudi 29 octobre: nous quittons Cancun sans regret, direction Tulum. 2H15 de bus climatisé tout confort, le pied! Bien que touristique, Tulum semble calme et
paisible, comparée à Cancun. Ca tombe bien, car nous nous habituons de plus en plus au rythme cool des Mexicains, et même à la chaleur (disons plutôt qu'on transpire toujours autant mais qu'on
n'a plus honte d'avoir des auréoles de 15 cm sous les bras et de sentir le chacal...)! Nous dénichons un petit hôtel sympa, pas cher, dans le centre.
Première visite: les ruines de Tulum. Si les vieilles pierres en elles-mêmes ne sont folichonnes, la situation du site est à couper le souffler: juste au bord d'une
mer turquoise, translucide, baignée de soleil. Un décor de carte postale... Mieux vaut y aller tôt, nous avait dit notre logeuse, il fait moins chaud. Effectivement, le soleil est de la partie,
impitoyable! Autre avantage de s'y rendre avant 9h: on évite les hordes de touristes ventripotents débarquant en masse des cars climatisés, version « voyage organisé » (j'ai rien contre
les voyages organisés, mais se taper des guignols en short, rougeauds, parlant fort, affublés pour certains d'un simple maillot de bain -carrément indécent!-, alors que toi tu essayes de
t'imaginer dans une ville maya 2000 ans en arrière, c'est chaud...). En revanche, nous exultons de joie en découvrant soudain un iguane qui se dore la pilule, peinard, sur une pierre au soleil.
Vas-y, prends des photos, c'est tellement rare un iguane, tu te dis que tu as de la chance d'en choper un! En fait, tu t'aperçois au bout de 5 minutes et trente iguanes plus loin que l'iguane, au
Mexique, c'est un peu comme la vache en France (ou les impalas en Zambie) : y en a partout et t'es vite blasé...
Retour en ville: allez, on va économiser 1 euro, on va se faire les 4 km à pied, depuis les ruines jusqu'à notre hôtel. Pauvres inconscients que nous sommes, sous
le soleil de midi! Mais qu'est-ce qui nous est passé par la tête? On a cru qu'on se faisait une balade à Paris sur les quais de Seine, ou quoi? Résultat: des coups de soleil, très soif, et grosse
fatigue. On s'est juré, mais un peu tard, qu'on ne nous y reprendrait plus! Dire qu'on se moquait il y a peu des touristes écrevisses...
Le lendemain, direction Coba: de nouveau des ruines, mais en pleine jungle cette fois. Et sous la pluie... Autant on pestait hier contre le soleil, autant là on ne
serait pas contre un petit rayon. Nous sommes trempés jusqu'aux os! Ceci dit, l'aspect positif, c'est que le mauvais temps fait fuir les touristes, et cela n'enlève rien au charme de l'endroit.
Au contraire, tous ces vestiges, ces pyramides, encore enfouies sous une épaisse végétation, ajoutés à la pluie et aux moustiques voraces, cela nous donne un petit air d'Indiana Jones qui n'est
pas pour nous déplaire!
A ce propos, petite précision sur les moustiques: à ceux qui pestaient contre nos dociles et balourds moustiques européens (oui, moi aussi je râlais, je sais), je
vous recommande une semaine au Mexique (c'est un début, j'imagine que le Brésil est à cet égard encore pire), on apprend à relativiser... Ici, ce sont des pros, des moustiques d'élites, furtifs,
vifs et sournois. T'as beau puer toute la journée, ça les arrêtent pas, les cons. Ici, ils te piquent pas les moustiques, ils t'empalent. Et tu te retrouves avec des impacts sur tout le corps
gros comme des oedèmes (bon j'exagère peut-être un peu, j'avoue...). Suffit de voir nos jambes à la fin de la semaine: on dirait des pestiférés... D'où le rituel salvateur du soir, en trois
étapes: inspection des corps, désinfection des plaies, application d'une crème apaisante Diprosone (on a d'ailleurs inventé un néologisme bien pratique: le verbe « diprosoner »: Lou, tu
veux pas me diprosoner stp?). Seule parade contre le fléau: le mouvement perpétuel. Ne jamais s'arrêter de marcher. Tu t'arrêtes, t'es sûr de te faire bouffer illico. Cours Loulou, cours! Seuls
les Mexicains semblent être à l'abri des assauts de ces sales bêtes. Faudra qu'on m'explique le truc...
Le lendemain, direction un « cenote » près de Tulum. Un cenote, c'est une immense cavité naturelle creusée par l'érosion de l'eau douce au cours des
millénaire, formant en son centre un petit lac. Ah, on peut s'y baigner? Et bien allons-y! Alors là, truc de fou: le paradis sur terre! D'abord parce qu'à 9h, il n'y a pas un chat. Ensuite parce
que t'as l'impression de nager dans une bouteille d'eau minérale, tellement l'eau est translucide. Enfin parce qu'avec palmes, masque et tuba, tu croises des poissons à moins de 30 cm, des
tortues, tu découvres des grottes subaquatiques de 10 mètres de fond, avec des stalagtiques gigantesques entièrement submergés. Carrément magique! Bref, un paradis pour les plongeurs! Seuls nos
amis les moustiques se chargent de nous rappeler à la réalité, en sortant de l'eau...
L'après-midi, direction paradis-bis : la plus belle plage de Tulum, nommée « le paradis » (ca s'invente pas). Effectivement, ca vaut le détour: sable
blanc, cocotiers, mer turquoise et chaude, nanas en string et seins siliconés (à moins que je ne l'ai rêvé, je sais plus bien...). Bref, j'ai l'impression d'entrer de plain-pied dans le fond
d'écran de mon ordinateur au boulot. D'ailleurs, à ce moment-là, avec Lou, nous avons eu une petite pensée pour tous ceux qui y étaient effectivement au boulot... Ceci dit, le paradis a un prix:
fais-toi virer des tables et des transats sur la plage (bin oui, nous on a cru que c'était gratuit, les cons!), paye ton hamburger et ta bière le même prix que ta nuit d'hôtel, paye ton taxi pour
venir jusque-là... Bref, faire semblant d'être riche, ça coûte cher... Mais au moins, on pourra dire plus tard: « on y était »!
Lundi 02 novembre: en route pour Valladolid, à l'ouest de Tulum. Ah, là on commence à voir un peu plus de Mexicains que de touristes! C'est moins propret, plus
grouillant, plus typique (et moins cher!). La ville est plutôt jolie, avec ses maisons colorées, et agréablement vivante. Nous descendons dans une auberge de jeunesse charmante et accueillante,
donnant sur la place des amoureux (enfin, à voir le nombre de jeunes couples qui se roulent des pelles sur les bancs, on en a déduit que c'était un lieu de rencarts...). Une proprio jeune et
sympa, deux chihuahuas adorables et deux chats craquants, voilà pour le comité de réception (ah oui, plus une colonie de fourmis maousse costaud qui se faufilent sous la porte, mais c'est tout de
suite moins chaleureux...)!
Nouvelle visite d'un « cenote », en plein coeur de la ville. Toujours aussi impressionnant! Petite bouffe dans un boui-boui de Valladolid. Surtout, ne pas
se demander d'où vient la cuisse de poulet qui baigne dans la sauce de mon assiette, c'est un coup à ne plus rien bouffer!
Le lendemain, matinée à Chichen Itza, le site maya le plus visité de tout le Yucatan. Et ça se voit... Là encore, prière d'arriver avant 9h, sous risque de
« noyade » touristique. Les pyramides sont impressionnantes, mais le site est complètement dénaturé: grands parkings, gazon anglais, chiottes en marbre, spectacle « son et
lumière » le soir, prix exhorbitant, et surtout des marchands mexicains par centaines installés au pied même des vestiges, qui te vendent tous les mêmes « touristeries » merdiques.
A se demander s'il n'y a pas pas plus de vendeurs que de touristes (et pourtant, dieu sait s'il y en a!).
Nous nous rendons ensuite aux grottes de Balancanche, à quelques bornes de là, en compagnie d'un couple de fringants quinquagénaires australiens, Kim et Robert, qui
voyagent depuis 1 mois dans toute l'Amérique centrale d'auberge de jeunesse en auberge de jeunesse (respect, à leur âge!). Claustrophobes, s'abstenir. De toute façon, c'est cher et c'est nul
comme visite. 900 mètres sur un sentier souterrain balisé, puis retour par le même chemin. Circulez, y'a rien à voir! Décevant...
Dernière nuit à Valladolid, avant de se rendre à Mérida, toujours plus à l'ouest.
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