Brésil

Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 23:17

Jeudi 10 juin: Bem vindo ao Brasil! Ca y est, nous y voilà finalement, au Brésil! On va enfin pouvoir mettre en pratique nos trois mois assidus d'apprentissage de la méthode Assimil en portugais qu'on se trimballe depuis le début du voyage -bon d'accord, on avoue, on a juste bachoté en dilettante quelques jours avant...

Mais auparavant, passage express par le Paraguay, à Cuidad del Este, la ville-frontière avec le Brésil. Non pas pour le plaisir de visiter l'endroit -qui doit faire partie du top 10 des villes les plus moches du monde-, mais parce que prendre un bus pour São Paulo depuis le Paraguay coûte 1,5 fois moins cher que de partir depuis Iguazu en Argentine, et presque 2 fois moins cher que depuis le côté brésilien! Direction Cuidad del Este, donc, non sans être passé momentanément par le Brésil -sans s'arrêter-, puisque le Paraguay n'a, à cet endroit, pas de frontière commune avec l'Argentine. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, hein...

Cuidad del Este: zone franche où tous les Brésiliens viennent faire leurs courses à prix cassé. Forcément, ça grouille, c'est dégueulasse, et surtout, c'est extrêmement pauvre. Sûrement la première fois depuis huit mois que nous sommes confrontés à un tel niveau de dénuement. Des gamins qui dorment en guenille dans les caniveaux, des installations de fortune au beau milieu de la ville, faites de bouts de bois et de sacs poubelle en guise de toit, des fillettes de 12 ans portant des bébés dans les bras... Une pauvreté qui touche essentiellement les Paraguayens descendants des indiens guaranis, immédiatement identifiables à leurs traits « amazoniens » si caractéristiques. Si les Brésiliens et les Argentines sont relativement « blancs », eux sont au contraire très mats de peau, les cheveux noirs et raides et la lèvre proéminente. Mais le plus choquant, c'est que tout cela semble « normal », la vie continue, les gens passent sans même jeter un oeil, les bus circulent au milieu des taudis, peinards. La banalisation de la misère, l'acceptation de l'inacceptable: premiers pas vers la déshumanisation... Nous, on a plutôt envie de gerber et de se révolter, mais bon, le monde a d'autres chats à fouetter: demain, c'est le début de la coupe du monde de football, et ça ça préoccupe nettement plus les gens...

Dire qu'une population entière crève de misère, alors qu'à moins de 10 km de là, quelques touristes fortunés sont tranquillement installés dans leur suite au Sheraton à 500 euros la nuit avec vue sur les chutes. C'est effarant comme une simple frontière peut créer des inégalités. Va lui dire, au gosse qui joue dans la décharge, que ça n'est pas de sa faute s'il va en chier toute sa vie, que c'est simplement parce que qu'il est né du mauvais côté de la frontière. Pas de bol, mon gars... C'est con, hein! Et dieu, dans tout ça?

Nous voilà donc à Cuidad del Este, à la frontière Paraguay-Brésil. C'est d'ailleurs ici que le bus choisit de nous déposer, et non à la gare routière, parce que, rappelons-le, les mecs n'ont aucune envie d'attendre deux petites minutes que les touristes fassent tamponner leur passeport pour continuer. Z'avez qu'à prendre le prochain bus! Super, on se retrouve avec nos sacs-à-dos, au milieu d'une cohue peu rassurante, transformés en proies vivantes. Ni une ni deux, on se chope le premier bus qui va au terminal et on dégage d'ici rapidos! Font pas les fiers, nos deux voyageurs, là...

S'ensuivent 4h30 d'attente dans la gare routière pourrie de Cuidad del Este: deux heures et demi parce qu'on avait prévu large, une heure de décalage horaire et une heure de retard du bus!

Enfin, on peut partir! Dernier passage de frontière pour rentrer au Brésil -notre cinquième en deux jours!-, et direction São Paulo en bus de nuit. 1100 bornes, 14h de trajet, c'est grand le Brésil!

Arrivée dans cette tentaculaire métropole de 16 millions d'habitants au petit matin. Vision impressionnante: du béton partout, des autoroutes à 6 voies, des échangeurs dans tous les sens, des kilomètres de bouchons, une nuée de tours et... la pluie! Pas vraiment l'image idyllique qu'on s'était fait du Brésil! Mais São Paulo est à part: la ville n'a pas grand chose de touristique, c'est le coeur économique de tout le pays. Nous, on y fait étape seulement pour séjourner quelques jours chez François, un ami des parents de Lou qui vit là-bas depuis quelques années. Métro puis taxi -c'est le moment de baragouiner nos quelques phrases en brésilien! Euh, pas facile...- pour se rendre chez lui dans les quartiers chics de São Paolo. Par quartier chic, entendez « ghetto de riches »: des tours immenses, entourées par de hauts murs et des fils électriques et dotées d'un double portail protégé 24/24h par des gardiens. Apparemment, les problèmes de sécurité au Brésil ne sont pas un mythe...

Nous sommes reçus comme des rois par François et son fils Alexandre: une très bonne literie, une chambre avec salle de bain pour nous, la possibilité de faire son linge, etc. C'est mieux qu'à l'hôtel, dis donc!

Trois jours de repos réparateur à profiter d'un peu de confort -c'est fou comme on s'y réhabitue vite!-, de quelques dîners au restau, d'un match de la France sur écran plat, et à préparer la suite du voyage. Dîner très sympa également chez Hélène, la mère d'Alexandre, qui vit elle aussi à São Paulo. Enfin, visite des quelques points d'intérêt de la ville, mais en tour organisé uniquement. Car dès notre arrivée, François a vite fait de nous mettre au parfum: ici, on ne se promène pas à pied, on ne flâne pas: les agressions à main armée sont fréquentes, les vols aussi, mais ça fait partie du quotidien et et personne ne s'en émeut vraiment. Suffit de tout donner au mec, et généralement, ça se termine bien (c'est-à-dire sans bobo)... Ici, personne ne sort sans sa voiture avec vitres teintées (d'où les embouteillages monstres), personne ne se balade dans les rues, les seuls lieux de promenades sont les énormes centres commerciaux, tous les immeubles sont équipés de systèmes de protection, et dotés d'une salle de gym, d'une pièce à vivre et d'une piscine, afin que nul n'ait besoin de sortir de chez lui pour se divertir ou se défouler. Très peu de parcs, donc, peu d'ambiance dans les rues, et peu de vie sociale dehors... Peut-être qu'à la longue, on s'habitue à ce genre de vie, mais clairement, pour Lou et moi, ça n'est pas possible! Trop besoin de liberté, de pouvoir aller et venir sans être constamment sur nos gardes, pour supporter une telle claustration...

D'ailleurs, on décidera quand même de faire un tour à pied dans les quartiers riches, là où c'est susceptible de craindre moins, pour rejoindre l'un des seuls espaces de verdure de la ville. Ca fait du bien! On prendra également le métro et le bus pendant la journée, quand il y a du monde. Par contre, pour la visite du centre historique, groupe obligatoire, on ne prend pas de risque! Bien nous en a pris, effectivement, puisque l'endroit pullule de clochards et de pickpockets. Seuls, on n'aurait jamais osé s'y rendre! La visite est assurée par des guides bénévoles, en partenariat avec le métro. Un bon concept pour faire découvrir les quelques points d'intérêt de la ville -car il y en a malgré tout! Et un bon moyen de « se mettre dans le bain » de la langue brésilienne, puisque les explications ne sont données qu'en portugais (il faut dire que pendant ces deux jours, on sera les seuls touristes étrangers; tous les autres étant des Brésiliens!).

Si São Paulo possède un patrimoine historique limité, elle compense cependant très largement cette carence par un vaste choix culturel: beaucoup de musées, de théâtres, de ciné, d'expo... Et ceux qui -comme nous!- apprécient la bonne chère seront comblés: l'offre de restau est pléthorique: toutes les cuisines du monde sont représentées, du gastronomique au boui-boui de quartier. De l'avis de beaucoup, c'est ici qu'on mange le mieux dans tout le Brésil! En tout cas, nous, on n'a pas eu à se plaindre...

São Paulo: lieu de concentration de la majorité des grandes fortunes du pays et locomotive économique du Brésil. Ville dantesque où les businessmen qui se déplacent en hélico privé côtoient la multitude de miséreux qui envahissent les places, les églises, les porches, etc. Ville des extrêmes où tout semble possible, la puissance et la décadence. Certes, le Brésil est sur un taux de croissance phénoménal, certes son potentiel est gigantesque, mais il semble avoir oublié pas mal de monde en chemin... Pas étonnant que ce soit un des pays où les inégalités de revenus sont les plus fortes.

Trois jours à se prélasser royalement chez François, mais on étouffe un peu dans cette ville « prison » (c'est marrant, ici ce sont les classes aisées qui se mettent volontairement derrière les barreaux pour se protéger des « méchants », c'est le monde à l'envers!). Allez, on enchaîne sur notre prochaine étape: la régions du Minas Gerais, à 600 bornes de là...

Par Yolou - Publié dans : Brésil
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 04:40

Lundi 14 juin: fini la jungle de béton de São Paulo, place aux grands espaces du Minas Gerais, la région des mines! Après une nuit à Belo Horizonte, la grande ville du coin -sans aucun intérêt-, nous voici à Ouro Preto (« or noir » en portugais), dans la campagne brésilienne. Un bled perché dans les hauteurs, à 800m d'altitude, classé au Patrimoine mondial. Un bijou, Ouro Preto! Des maisons basses, des rues pavées, et une bonnes quinzaine d'églises baroques! Nous, on tombe vite sous le charme... Le tout sous un ciel éperdument bleu; c'est le grand retour de la crème solaire!

Notre auberge de jeunesse se situe au sommet d'une colline qui domine la ville; pas un seul touriste ici, du coup on a droit à la chambre avec panorama sur toute la région, le pied! Les seuls rares visiteurs que nous croiserons, d'ailleurs, seront une poignée de Brésiliens et quelques Français, comme à São Paulo (à croire qu'il n'y a que les Français qui ont le temps de voyager...).

Seul inconvénient d'Ouro Preto et de sa voisine Mariana -tout aussi charmante-, dû à sa situation géographique: ça grimpe sec! Monter, descendre, monter, descendre... Un bon moyen de se tailler des fesses en béton (ou de se choper des courbatures, au choix!).

Et puis on mange bien, à Ouro Preto: forcément, dans les restaus, les mecs nous mettent sous le nez un amoncellement de plats de cuisine régionale plus appétissants les uns que les autres. Service à volonté, même, parfois. Alors évidemment, nous on craque...

Dernier point incontournable, et qui vaut son pesant de cacahuètes: un jour de match au Brésil, ça ressemble à quoi? Aujourd'hui, Brésil-Corée du Nord. Rien d'exceptionnel, dira-t-on. Oui mais attention, ici, le foot, on est né avec ça dans le sang. Et une rencontre, quelle qu'elle soit, engendre une ferveur unique au monde. Drapeaux jaunes et verts aux fenêtres, trompettes et pétards dans la rue, chacun sort son maillot de l'équipe nationale, etc. Mais là où c'est très fort, c'est que ça va même plus loin: ici, même le banquier derrière son guichet porte le maillot brésilien; ici, les banques ferment exceptionnellement l'après-midi (le match a lieu à 15h30, heure locale) pour « raison footballistique », c'est écrit sur le papier accroché à la porte d'entrée; idem pour les églises, fermées « en raison du match de foot »; ici, les bus s'arrêtent de circuler, les magasins baissent leur rideau, les rues se vident, bref, la vie s'arrête littéralement pendant 2h! Paraît même que Lula a signé des décrets pour autoriser les entreprises à chômer cette après-midi là, et que les syndicats ont exigé que cela soit inscrit dans les conventions collectives! Et après la -modeste- victoire du Brésil, on a droit aux vuvuzelas et aux pétards jusque tard dans la nuit. On l'aura compris, le foot, ici, c'est presqu'aussi sacré que la religion...

 

Vendredi 18 juin: on continue de parcourir la région du Minas Gerais, direction Tiradentes. Perdu au fin fond de la campagne, 6000 habitants, quelques rues pavées, un ruisseau et beaucoup de charme. Le temps semble s'être arrêté, dans ce coin du monde! Et tellement peu de touristes que la proprio de l'hôtel fait baisser son prix de moitié pour nous retenir chez elle...

Bon, on l'aura compris, nous on aime bien les petits villages brésiliens, surtout sous le ciel bleu; alors on fait des sauts de puce dans la région: après Tiradentes, c'est São João, puis Congonhas, puis Diamantina... Ceci dit, on galère pas mal; non pas pour trouver des hébergements -on aura croisé environ trois touristes pendant cinq jours; c'est clairement la morte saison!-, mais pour se rendre d'un bled à l'autre: peu de bus, beaucoup d'attente, pas de liaison directe et des routes forcément merdiques... Exemple: un premier bus à 9h du matin et la correspondance pour le suivant à... 15h! Et si c'est un dimanche et qu'en plus le Brésil joue un match ce jour-là, c'est quasiment mission impossible pour se déplacer!

Par contre, niveau petit dèj, les mecs s'y connaissent: buffet à volonté dans pas mal d'hôtels! Du coup, à mon quatrième service, j'ai généralement droit à un « Vous mangez bien, vous, dites donc! » de la part de la serveuse, qui n'a visiblement pas l'habitude...

Au programme des visites: pas mal d'églises, comme toujours. Le Minas Gerais, c'est le coin du baroque « made in Brasil »: jamais vu des édifices religieux aussi exubérantes et déjantées! En fait, au 18° siècle, y'a un mec, un seul, un Brésilien, qui a été mandaté pour sculpter toutes les églises de la région (et dieu sait s'il y en a un paquet!). Le pauvre y a consacré sa vie entière. Mais le plus fort, c'est que le gars était lépreux et que pour continuer de travailler, il faisait attacher ses outils à ses moignons de main! Plutôt doué, cependant, quand on voit le résultat de ses oeuvres. Mais faut vraiment avoir la foi, quand même...

Diamantina: dernière étape du Minas Gerais, donc, avant de rejoindre Brasilia, la capitale, en bus de nuit. Tiens, 21 juin aujourd'hui: 6 ans exactement qu'on est ensemble Lou et moi. Un repas pourri dans une gare routière glamour à souhait, puis 12h de bus de nuit: on pouvait pas espérer mieux pour fêter l'événement... Eh oui, les filles, faut savoir les faire rêver, hein!

Par Yolou - Publié dans : Brésil
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Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 01:43

Mardi 22 juin: 6h30 du matin, on débarque à Brasilia, la capitale administrative brésilienne. Mission: trouver un hôtel dans cette ville immense de plus de 2 millions d'habitants. Ou plus exactement un logement chez l'habitant, vu le prix exorbitant des hôtels. Car disons-le tout net, Brasilia est LA ville qui n'est pas faite pour les backpackers: pas d'auberge de jeunesse ni d'hôtel bon marché, l'endroit n'est fréquenté que par des fonctionnaires et des hommes d'affaires, et certainement pas par les touristes. Seule solution: dégoter une famille sympa qui propose d'héberger les quelques rares visiteurs de passage. Manque de bol, celle recommandée par le Routard et qu'on a contactée par internet est introuvable. On parvient finalement à localiser l'adresse, aidé de deux Brésiliens très sympas, mais la maison semble totalement inhabitée (on s'apercevra par la suite que les coordonnées fournies par le guide sont en fait erronées...). Nous voilà donc SDF à 7h du matin dans une ville inconnue! Heureusement, les deux Brésiliens, eux aussi de passage dans la capitale, nous trouvent une chambre chez leur propre logeuse. Rien d'extraordinaire mais ça fera l'affaire...

Brasilia ou le rêve fou d'un président mégalo dans les années 60: une ville sortie de terre en quatre ans seulement, créée ex nihilo au milieu d'une des régions les plus pauvres et les plus enclavées du pays, destinée à accueillir le pouvoir politique. C'est simple, à l'origine, à part des arbres, il n'y avait absolument rien dans ce bout du monde, même pas un village. Les mecs sont arrivés, ont commencé à défricher à grand renfort de bulldozers, puis à construire ce qu'ils ont appelé « la ville idéale ». Un lieu qui se voulait pensé tout exprès pour le bien-être optimal des habitants: une ville en forme d'oiseau composée de deux axes principaux d'une symétrie parfaite, divisée en quartiers comprenant chacun ses propres commerces, sa banque, sa poste, son église, etc. Le résultat? Une sorte de Dubaï à la sauce brésilienne: d'énormes axes routiers à six voies, des tours d'hôtel, des centres commerciaux démesurés et climatisés, un flot incessant de voitures, un niveau de vie très élevé, du béton partout, des étendues désertes d'herbe sèche tout autour, le tout sous 32°C toute l'année.

Une ville conçue sur mesure pour le règne de la voiture: des parkings géants, des rues extra-larges, des voies géantes pour éviter les bouchons, des distances importantes entre les différents quartiers, etc. Sur ce point-là, pari gagné. Quant aux piétons... Quels piétons? Personne ne marche ici! D'ailleurs, y'a pas de trottoirs, pas de passages piétons -ou si peu-, pas de petit bonhomme pour traverser, pas de priorité piéton. Piéton: un statut à très haut risque à Brasilia... Du coup, peu d'animation dans les rues, et des quartiers finalement très isolés les uns des autres et des gens qui se connaissent à peine! Bref, rien de folichon finalement!

Pas étonnant, dès lors, que les fonctionnaires et les ambassades, jusqu'alors basés à Rio de Janeiro ou São Paulo, se soient montrés réticents à l'idée de devoir venir habiter ici. Entre les flots bleus et les tours de béton, on a vite fait son choix! Les touristes ne s'y sont pas trompés non plus, rares (pour ne pas dire inexistants) à Brasilia.

Non, finalement, le principal intérêt de la ville reste son extraordinaire architecture, oeuvre de Niemeyer. Et là, il faut bien dire que c'est assez dingue et surtout révolutionnaire: car les bâtiments ne ressemblent à rien de connu ni de classique: une cathédrale en forme de couronne d'épines alliant verre et béton, une basilique carrée aux murs de vitraux, un sénat et un parlement en forme de bol renversé, un ministère des affaires étrangères gracieusement posé sur l'eau, un palais de justice décoré de chutes d'eau, un palais présidentiel tout en légèreté, etc. Un souffle novateur qui, dans les années 60, lors de la la construction de Brasilia, a dû faire grand bruit.

Mais il est vrai que depuis la ville semble s'être complètement figée. Si tout paraissait nouveau il y a 40 ou 50 ans, aujourd'hui tout a l'air plutôt vieillot, démodé. Comme l'impression que Brasilia n'a pas réussi à s'adapter au monde moderne, à poursuivre sa lancée, à se renouveler... Comme si elle refusait même de prendre en compte les règles et les modes de l'urbanisme actuel. Peu de construction récente -à l'exception des tours d'hôtel, qui poussent comme des champignons sans cohérence aucune-, un hymne démesuré au béton, des bâtiments à l'ancienne, version mosaïque-verre teinté-plexiglas, qui prêtent aujourd'hui à sourire, pas de pistes cyclables, pas de véritable « parc » digne de ce nom, etc. Une ville recroquevillée sur la nostalgie de ses grandes années...

Certes, rien n'est facilité pour les piétons, ici. Mais après avoir tenté -en vain- de trouver un office de tourisme, après s'être vu refuser le « city tour » en bus (motif: pas assez de touristes!), après avoir renoncé à se renseigner sur le site internet de la ville, carrément indigent, après une grève générale des bus métropolitains, eh bien on a décidé de se débrouiller par nos propres moyens et de marcher coûte que coûte! Et vue la taille de la capitale, on n'a jamais fait autant de kilomètres à pied qu'ici! Un comble quand même... Un pied de nez à tous ces mecs incapables de se passer de véhicules!

Sentiment mitigé à Brasilia, donc: une journée suffit pour se faire une idée de la ville et visiter la plupart de ses curiosités. Mais pour vivre ici à plein temps, faut vraiment ne pas avoir le choix! Une ville à grand potentiel, donc, mais pas encore exploité. Avis au délégué à l'urbanisme de Brasilia: s'il veut des idées, nous on en a plein, qu'il nous fasse signe!

Et puis il fait tellement chaud, dans le coin... Du coup, quand on craque, direction les grands magasins climatisés. Et truc de dingue: on a même décidé d'investir tous les deux dans un short! Un de nos très rares achats vestimentaires depuis le début du voyage: on avait perdu l'habitude des cabines d'essayage, dis donc!

Par Yolou - Publié dans : Brésil
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